L’ombre de Pandore

Année
2013
Description

 

Tiges d’acier, bois, tissus et gravier

12’ X 38’

Avril 2013

 

Silhouette d’homme-femme entouré de tiges de bois dans un cadre d’acier, déposé sur un socle-tiroir. Du tiroir sort un tissu composé d’anciens habits de travail qui dessine une forme humaine sur le sol recouvert de gravier. Une caméra projette sur le mur adjacent l’image agrandie du spectateur qui entre dans la pièce. Un enregistrement des sons d’ambiance d’un vernissage est diffusé.

 

 

INTERPRÉTATION :

Nous sommes l’orgueil de toute chose et le miroir vaniteux de celui qui nous regarde. Notre corps est le théâtre de notre égo qui croule sous le regard de l’Autre.

L’œuvre « L’ombre de Pandore » évoque cette tension du jugement du regard de l’Autre qui vient se briser sur l’image extérieure mise de l’avant par notre corps. Ce regard nous traque et ne nous laisse que notre vanité comme armure et comme piège.

Le projet « L’ombre de Pandore » propose une piste pour s’évader de cette prison dont nous sommes le geôlier. « L’ombre » est la représentation de tout ce que nous refusons d’admettre sur nous-mêmes, tout ce que nous aimerions laisser dormir dans notre inconscient. Cette même ombre qui peut être un outil formidable pour se débarrasser des peines émotionnelles, fruits de notre vanité. L’ombre peut-être ressentie comme l’ennemi alors qu’il est notre jumeau intérieur, indispensable à notre équilibre et à la manifestation fluide de notre créativité.

 

En 1948, Carl Jung déclarait :

«  Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de tonalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de perfection mais de la plénitude.»(1)

 

« L’ombre de Pandore » est un travail qui porte sur le sens plutôt que sur la forme. Il propose au spectateur une expérience immersive où chacun est interpellé dans ses névroses et est invité à une réflexion sur les façons de mieux les vivre. Elle suggère cette rencontre pacificatrice avec notre ombre tapie au fond d’un tiroir tel la boîte de Pandore qui recèle l’espoir, une fois que tous les monstres se sont envolés. La silhouette sur le socle-tiroir quant à elle symbolise la perfection corporelle, en apparence, emprisonnée par les tiges de bois et par la cage d’acier. Ce n’est qu’illusion, car elle peut descendre et emprunter le sentier d’une ombre construite à même des vêtements usagés de l’auteur et disposé sur le rude gravier de la démarche introspective.

 

Enfin, parmi les brouhahas sonores de la foule, le spectateur doit affronter son image projetée sur le mur. Sensation qui vient moduler sa lecture impressionniste d’une installation le conduisant à travers un voyage émotif et cognitif. À lui de trouver le chemin de sa propre libération…

(1) Carl. G, Jung ,L’Âme et la vie, Paris, LGF, Livre de poche,1995.

 

 

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